Emplois à bas salaire, temps partiel subi : un piège structurel
Une des données clefs qui frappe : 80 % des emplois à temps partiel en France sont occupés par des femmes, dont une majorité subissent ce temps partiel plus qu’elles ne le choisissent (INSEE, 2021). À 65 ans, les effets cumulatifs sont nets : carrières hachées, salaires moindres, moindres cotisations retraite, moindres protections sociales. Ce mécanisme n’est pas propre à la France ; on le retrouve dans toute l’Europe (Eurostat, 2022).
- En France, les femmes perçoivent en moyenne une pension de retraite inférieure de 38,6 % à celle des hommes (Drees, 2023).
- Les interruptions ou réductions d’activité dues à la maternité ou à l’aide informelle aux proches pénalisent la validation de trimestres retraite, mais aussi la constitution d’un réseau professionnel, d’une identité sociale valorisante.
- Parmi les allocataires du minimum vieillesse (ASPA), 57 % sont des femmes – proportion qui augmente avec l’âge.
Des métiers pénibles, une santé mise à l’épreuve
La pénibilité du travail, largement étudiée, n’est pas une fatalité partagée dans les mêmes proportions par tous les travailleurs et travailleuses. Si une grande partie des hommes exercent des métiers réputés physiquement pénibles (BTP, industrie), les femmes sont très majoritaires parmi les emplois peu qualifiés et usants — auxiliaires de vie, aides-soignantes, agents d’entretien, caissières. Ces métiers « du soin », non seulement sous-payés, exposent à des risques élevés de troubles musculo-squelettiques, d’accidents, d’épuisement moral.
Selon l’Inserm (2022), près de 65 % des aides à domicile de plus de 55 ans rapportent au moins une maladie chronique ou douleur persistante. Pourtant, l’accès aux dispositifs de prévention et d’adaptation des postes reste très limité dans ces professions féminisées, marquées aussi par la précarité de l’emploi.