La majorité des politiques de santé restent centrées sur la logique “du soin”, c’est-à-dire sur l’accès aux services médicaux, le remboursement des dépenses, la lutte contre les inégalités devant l’offre médicale. C’est nécessaire, mais très insuffisant.
Des dispositifs efficaces… mais insuffisants
- La Couverture Maladie Universelle Complémentaire (CMU-C) et l’ACS (Aide au paiement d’une Complémentaire Santé) ont permis d’améliorer l’accès aux soins pour les plus pauvres.
- Le tiers payant, la prévention gratuite (dépistages cancers, bilans de santé…), sont des dispositifs positifs.
- Certains programmes de santé publique ciblés (Plan national nutrition santé, lutte contre le tabac, santé mentale en quartier prioritaire) s’adressent explicitement aux groupes vulnérables.
Cependant, ces mesures n’agissent que partiellement sur les racines des inégalités : conditions de logement, exposition aux polluants, précarité de l’emploi, accès à l’alimentation de qualité, isolement social, niveau d’information sur la santé. Les ISS sont avant tout façonnées par des facteurs sociaux – le fameux “gradient social de santé” mis en lumière par Michael Marmot – beaucoup plus larges que le seul système de soins.
Des politiques trop peu coordonnées
En France, la gouvernance de la santé reste éclatée : l’État, l’assurance maladie, les collectivités, les ARS (Agences Régionales de Santé), les caisses de retraite, mettent en place chacune leurs actions, souvent sans articulation ni vision globale. Cela limite la capacité à agir simultanément sur tous les déterminants sociaux de santé : éducation, emploi, accès à une ville saine, mobilités, environnement, culture, etc.
L'angle mort du pouvoir d’agir des habitants
Les habitants les plus concernés par les ISS sont rarement acteurs de la définition des politiques qui les concernent. Leurs besoins réels, leurs freins – qu’il s’agisse d’illectronisme, de défiance envers l’institution, de stigmatisation ou simplement de priorités de vie divergentes – sont souvent méconnus des concepteurs de politiques.